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Pourquoi écrire ce livre ?

« J’ai toujours écrit pour le compte des autres, a fortiori comme traducteur. Quand on traduit, la beauté du geste, le savoir-faire, n’est pas dans le sens du texte (çà, c’est la responsabilité de l’auteur) mais dans le passage sans encombres, d’un monde culturel source (celui de l’auteur) vers un monde culturel cible (celui du lecteur). Cela vaut pour un poème ou un roman, comme pour des conclusions d’avocat ou le mode d’emploi d’un tracteur agricole.

Parallèlement, je travaille depuis toujours sur l’aliénation, sur cet ensemble d’artifices personnels, sociaux ou techniques par l’intermédiaire desquels nous évoluons de plus en plus dans « Le monde du spectacle » que dénonçait Debord [1967]. Cette appropriation médiate (Dufresne [1999]) des phénomènes qui nous entourent est source de tous nos maux, à tout le moins de tous nos dérapages. Cultiver un être-au-monde plus immédiat me semble une approche saine de la vie moderne, susceptible de créer plus de satisfaction et, partant, de limiter nos frustrations qui, il faut le reconnaître, sont les sources principales de la violence du monde actuel.

Ecrire ce livre, pour moi, c’était donc mettre le savoir-faire du traducteur au service de ce propos et, qui plus est, prendre le temps d’écrire utile. »

Patrick Thonart